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  <title>Eau de vie de songes et liqueur de rêves</title>
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<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/24/246-eloge-de-celui-dont-on-oublie-toujours-le-nom">
  <title>Éloge de celui dont on oublie toujours le nom</title>
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  <dc:date>2007-11-24T02:38:44+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Les éloges</dc:subject>
  <description>C’est le mal-aimé de la liste, le maillon faible, l’élément rebelle dont le nom s’obstine à nous échapper. Il met nos méninges à rude épreuve, il nous agace, il nous horripile, à force d’y penser et d’y repenser, il nous rend marteau, on le connaît, bien sûr, on l'a sur le bout...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <div align="justify">C’est le mal-aimé de la liste, le maillon faible, l’élément rebelle dont le nom s’obstine à nous échapper. Il met nos méninges à rude épreuve, il nous agace, il nous horripile, à force d’y penser et d’y repenser, il nous rend marteau, on le connaît, bien sûr, on l'a sur le bout de la langue, mais voilà, il se dérobe, l’animal. Hibou, chou, caillou, genou, bijou, pou… et puis l’autre. Joyeux, Grincheux, Timide, Simplet, Atchoum, Prof… et puis, attends un peu, je le sais, et puis… l’autre. Averell, Joe, Jack, et puis… ne dis rien, ça va venir, Averell, Joe, Jack, et puis… l’autre. Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Karikal, et puis… bon sang, quand tu me le diras, je vais en rire, et puis… l’autre, tu sais bien… Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Karikal, il y a même une chanson de Guy Béart là-dessus… <br><br>

Clio, Euterpe, Thalie, Terpsichore, Erato, Uranie, Calliope, Polymnie, et puis, c’est pas croyable, Calliope, Polymnie, et puis… Rimski-Korsakov, César Cui, Balakirev, Moussorgski, et puis… La gourmandise, la paresse, la colère, l’avarice, l’orgueil, la luxure, et puis, et puis… Borotra, Lacoste, Brugnon dit Toto, et le quatrième, et puis… merde, à la fin… Salan, Jouhaud, Zeller, et puis… mais c’est pas vrai… Le mausolée d’Halicarnasse, les pyramides d’Égypte, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, le phare d’Alexandrie, le temple de Diane… j’en ai oublié un… Ça y est ! Le phare d’Alexandrie ! Ah, non, je l’ai déjà dit… Ronsard, Du Bellay, Baïf, Jodelle, Belleau (qui remplaça La Péruse), Ponthus de Tyard (ou de Thiard) et puis... rouge, orangé, vert, bleu, jaune, indigo, et puis… John Lennon, Paul McCartney, Ringo Star, et puis… la Terre, Venus, Mars, Pluton, Mercure, Jupiter, Saturne, Uranus, et puis… <br><br>

Les Quatre mousquetaires, les sept péchés capitaux, les cinq sens, les trois grâces, les neuf muses, les Quatre filles du Dr March, les quatre fils Aymond, la bande des quatre, les quatre piliers de la sagesse, le Club des cinq, le Groupe de six, le Clan des sept, les douze travaux d’Hercule, les neuf mondes de la mythologie nordique, les trois joyaux, les Quatre saisons de Vivaldi, les Cinq sous de Lavarède, les Onze mille verges, les trente-sept positions, les Dix commandements, les vingt-quatre heures du Mans, les Deux orphelines, les Cinq semaines en ballon, les Huit coups de l’horloge, les Dix petits nègres, les cinq dernières minutes, les dix de Nantes, les cinq continents, les sept plaies d'Égypte (qui étaient dix), les Dix-sept marches, les Douze salopards, les cinq piliers de l'Islam, les Cent vingt journées de Sodome, les douze tribus d’Israël, les Cent-Jours, les dix commandements, les Six gares du Pharaon, les Cinq cents millions de la Begum (ou la folie du canon), les cinq départements qui constituent la région Languedoc-Roussillon, les Mille et une nuits, les treize desserts, les quinze États membres de l’espace Schengen, les Dix jours qui ébranlèrent le monde, les quinze chiffres de mon numéro de Sécurité Sociale (sexe, année de naissance, mois de naissance, département de naissance, code Insee de la commune de naissance, numéro d’ordre, plus la clé de contrôle), les quatre chiffres de mon code de carte bleue, les dix chiffres de mon numéro de téléphone fixe plus les dix chiffres de mon mobile, plus les dix chiffres du téléphone de Barnabé (vous me ferez penser à l'appeler), les trois dossiers à ne pas oublier pour le rendez-vous de mardi matin, les huit chiffres de mon numéro de compte en banque, et les cinq chiffres du code de l’agence, les cinq lettres et trois chiffre du code d’accès Internet, le mois et jour de l’anniversaire de Lolotte, la liste de courses, beurre, yaourts au bifidus actif, papier-cul, Clio, Euterpe, Brugnon, dit Toto, café, shampooing, mausolée d’Halicarnasse, Grincheux, Simplet, quatre tranches de jambon, liquide vaisselle, la gourmandise, la paresse, la luxure, une bouteille d'huile riche en omega 3, une boîte de champignons de Paris (entiers 1er choix ? émincés ? pieds et morceaux ? miniatures ?), Vénus, Mars, Pluton,...<br><br>

Et bien sûr, t’as oublié le sucre en poudre… </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/17/245-eloge-de-bouvart-et-ratinet">
  <title>Éloge de Bouvart et Ratinet</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/17/245-eloge-de-bouvart-et-ratinet</link>
  <dc:date>2007-11-17T03:31:51+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Les éloges</dc:subject>
  <description>Parmi les kilos et les kilos de livres qui prennent la poussière sur les étagères de ma bibliothèque, il en est un à qui je voue une tendresse toute particulière. Je l’ouvre rarement. Il me suffit de savoir qu’il est là, sous sa couverture cartonnée jaune, solide, sérieux, et – pour...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <div align="justify">Parmi les kilos et les kilos de livres qui prennent la poussière sur les étagères de ma bibliothèque, il en est un à qui je voue une tendresse toute particulière. Je l’ouvre rarement. Il me suffit de savoir qu’il est là, sous sa couverture cartonnée jaune, solide, sérieux, et – pour moi tout au moins – parfaitement inutile. Je ne sais pas si c’est son titre qui m’enchante le plus ou le nom accolé de ses deux auteurs, mais je ne me dessaisirais pour rien au monde des <em>Nouvelles tables de Logarithmes</em> de C. Bouvart et A. Ratinet. Leur prénom déjà me pose une énigme. Charles Bouvart ? Calixte ? Célestin ? Cornélius ? Cela sonne bien, Cornélius Bouvart. Pour Ratinet, c’est plus difficile. J’hésite entre Achille, Annibal, Adalbert. Finalement, je pencherais plutôt pour Anthelme.<br><br>

Il me plaît d’imaginer Cornélius Bouvart et Anthelme Ratinet, professeurs de mathématiques dans un triste lycée Jules Ferry de province. Le premier est plutôt bedonnant, son visage poupin se fend parfois sans raison d’une large sourire. Il est bon vivant, il aime la bonne chère, le bon vin, et ne déteste pas les plaisanteries un peu lestes. Bienveillant envers ses élèves, indulgent pour les cancres, toujours prêt à faire un bon mot, Cornélius Bouvart est aimé et respecté. Le second est sec comme un hareng saur, austère, le visage émacié. Il ne rit jamais, mais lorsqu’il sourit, ou plutôt lorsqu’un rictus vient tordre sa bouche, c’est mauvais signe, c’est signe qu’une punition va frapper le potache dissipé. On le craint, on le déteste. Le jour de la rentrée des classes, les élèves se demandent anxieusement s’ils auront cette année Bouvart, le chic type, ou Ratinet, la peau de vache. Cornélius Bouvart est plutôt socialiste et libre penseur. Anthelme Ratinet est catholique pratiquant. Lorsqu’ils évoquent les frasques de leurs collégiens, Ratinet n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les pernicieuses modes venues d’outre-Atlantique. - Il faut bien que jeunesse se passe, dit Bouvart avec philosophie.<br><br>

J’ignore à quoi sert une table de logarithmes. J’ai dû le savoir autrefois et je me suis empressé de l’oublier. Il n’empêche que ce livre jaune, vestige inutile des mornes années de collège, est aujourd’hui l’un des fleurons de ma bibliothèque, où Bouvart et Ratinet occupent une place de choix, juste à côté de Bouvard et Pécuchet.</div><br>

<div align="center"><img src="http://www.paul-et-mick.com/images/bouvart2.jpg"></div><br>

<div align="justify">J'avais écrit ce texte en juillet 2005. Depuis, grâce aux précisions de M. Charles Frydman que je remercie vivement et dont je reproduis ici la contribution, j'ai pu mettre un prénom sur ces deux inconnus : <em>J'ai réussi à avoir quelques précisions sur les biographies de Bouvart et Ratinet sur le site de la BNF : Bouvart se prénommait en fait CAMILLE, il était ancien élève de l'Ecole Polytechnique,et des sciences mathématiques... A. Ratinet, licencié es sciences mathématiques et physiques, professeur adjoint au lycée Condorcet</em>. (...) <em>Le prénom de Ratinet était en fait ALFRED... La première édition des tables de Bouvart et Ratinet est de 1902 (site BNF). Cornélius et Anthelme pour 2 professeurs de mathématiques au physique de Laurel et Hardy... ça faisait plus rever...</em></div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/16/244-il-est-arrive">
  <title>Il est arrivé</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/16/244-il-est-arrive</link>
  <dc:date>2007-11-16T01:42:12+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence hostile. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Tu me mettras une Kronenbourg, silteplè, Leloufiat !

Silence indifférent. Le patron examine sa caisse enregistreuse qui fait un...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence hostile. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Tu me mettras une Kronenbourg, silteplè, Leloufiat !<br><br>

Silence indifférent. Le patron examine sa caisse enregistreuse qui fait un drôle de bruit, bling, bling.<br><br>

- Ben t’es sourd, assteure ? s’impatiente le gros Marcel. Je t’ai demandé une Kronenbourg, Leloufiat ! Cé quand même un monde qui faut répéter trois fois les mêmes chôzes !<br><br>

- Leloufiat, il a pour ordre de pas servir de bière en ce moment ! intervient le patron. Passkaujourd’hui, jsais pas situssais, mais aujourd’hui, c’est ljour du beaujolais nouveau qu'est arrivé, et faut que j'écoule mon stock. Alors aujourd’hui, ya pas de Kronenbourg, yakdu beaujolais nouveau ! Et jte lconseille, Marcel, passke cette année, il est ex-cep-tion-nel ! (Geste qui voudrait maladroitement suggérer que cette année, le beaujolais nouveau se hisse au pinacle du panthéon vinicole).<br><br>

Silence stupéfait seulement troublé par le ronflement de l’autobus 91 (Gare Montparnasse – Place de la Bastille) qui tressaute joyeusement sur les pavés, braoum, braoum. <br><br>

- Tutt fous dma gueule ? s’indigne le gros Marcel, soudain saisi d’une légitime colère. Tous les zans, tu nous fais le coup, et tous les zans, il est dégueulasse, ton pinard ! J’aime pas le beaujolais nouveau ! Jvoudrais une Kronenbourg ! C’est kan même un monde kon peut plus boire skon veut, maintenant ! <br><br>

- T’as tort, Marcel, intervient Dédé. T’as tort ! Cette année, le beaujolais nouveau, il est sa, il est sa, il est savoureux. Il est long en bouche, il est charnu, il a une note de ba, de ban de banane, une résonance de fraise des bois et un arrière-plan de bout de Chruxelles, de chou, de chou de Bruxelles qu’est toutafé étonnant ! Tu devrais l’goûter, Marcel, cette année, il est sa, il est sa, il est sacrément bon ! Tiens, demande à Maurice. On en est au cinquième pichet, et il te confirmera : cette année, il èf, il èf, il est fameux ! <br><br>

Silence méprisant seulement troublé par le ronflement de l’autobus 91 (Gare Montparnasse – Place de la Bastille) qui tressaute joyeusement sur les pavés, braoum, braoum. (Ben oui, y’en a deux qui passent presque en même temps. C’est comme ça, les bus : des fois, tu les attends pendant vingt minutes ou une demi-heure, et des fois il en passe deux ou trois presque en même temps. De toute façon, j’ai pas de comptes à rendre et je fais passer le bus 91 quand je veux, c’est moi qui décide). <br><br>

- Là, Dédé, proteste Maurice en vidant son verre, là, tuvois, jsuis pas d’accord, Dédé, vieux frère ! Jdirais pas qu’il est charnu, ça non, jeul dirais pas ! Jeul trouve même un peu maigrichon, limite aronexique, heu, anoresquique, bref, un peu maigrichon ! Pour la note de banane, c’est pas entièrement faux, mais la braise des fois, heu, la fraise des bois et le chou de Bruxelles, laisse-moi te dire qu’on est dans la fan, dans la fan, dans la fantaisie laplus complète. T’y connais pas grand chôze, mon pote ! Y’a une touche de cannelle, un accord girolle et salsifis, et ptêtre une nuance de bère, de bère, de bergamote, légère, mais sensible…<br><br>

Silence ébahi. Même le chien Édredon n’en croit pas ses zoneilles, prouvant par là qu’il a plus de jugeote que bien des zumains (il ne lui manque que la parole). <br><br>

- N’importe quoi ! s’esclaffe Leloufiat en se tapant sur les cuisses (flop ! flop !). N’importe quoi ! Une nuance de bergamote ! Et pourquoi pas de choucroute garnie, pendant kti es ? Cette année, lbeaujolais nouveau, il est canaille et enjoué, il est loyal et fruité, chocolat et mandarine, ac une harmonique de pistache, juste ski faut ! Tiens goûte, Marinette ! <br><br>

- Juste une larme, alors ! prévient Marinette. Je bois jamais de vin, j’y connais rien ! <br><br>

Silence recueilli. Marinette, effarouchée, butine une infime goutte de nectar pendant que Maurice termine son sixième pichet. L’oracle va parler. <br><br>

- Pouah ! C’est pabon ! grimace l’innocente Marinette. On dirait du vinaigre ! Jsais pas skeu vouzy trouvez, passekeu c’est vraiment pabon ! (Regard noir du patron qui n’aime pas qu’on discrédite la marchandise). <br><br>

- T’y connais rien, Raminette ! proteste Maurice en attaquant son septième (huitième ?) pichet. Cépasskeu tapas la bite, t’as pas la bite, t’as pas la bitude ! Il est tonique et tonitruant, mais sans être agressif, il tapisse bien le gosier, et ya une note de bermagote et un ptit retour de réglisse. <br><br>

- C’est vrai kia comme un ptit goût de réglisse, admet Dédé en torchant un nouveau verre. Mais jperçois d’abord une dominante de ci, de ci, de ci…<br><br>

- De-ci, de-là ? propose charitablement Leloufiat. <br><br>

- De citronnelle ! parvient à articuler Dédé. Y’a de la citronnelles, cessur ! Et çui qui prétend kia pas de citronnelle, ki vienne seulment meul dire en face, kia pas de citronnelle ! Jifoutrai mamain sulla gueule, cétou ! Pourquoi tu pleures, Maurice ? <br><br>

- C’est à kôze de la citronnelle, gémit Maurice. Ça mrappelle ma pôv maman ! Elle avait une tite perruche qui s’appelait Citronnelle ! Une tite perruche toute jaune ac le bec vert, ou toute verte ac le bec jaune, jme rappelle plus, allétait trognon et tout, tu peux pas savoir, Dédé ! Ma pôv maman ! Si qu’elle me voyait, elle aurait bien dla peine ! Jchuis un pochard ! Jchuis un misérab, Dédé ! <br><br>

- Dis paça, Maurice ! Tutt fais du mal ! se répand Dédé. Tiens, bois un verre, vieux frère, il a un pti goût de caramel, tu trouves pas ? <br><br>

- Moiuakl soinaop, rumine Maurice. Oin bergamote alku soin omioia fraise des bois lkjoi. Une tite perruche si mignonne, iuopy a_yhgulbkj, un misérabl, cétou ! <br><br> 

- riohqi uqsy réglisse, répond Dédé. Tutt fais du mal ! oiujha siubak citronelle. Tiens Leloufiat, tu nous reomiu un pichet ! <br><br>

- Quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours, se lamente le gros Marcel en contemplant ce tableau consternant. Tiens, Leloufiat, tu me mettras un café. Ac une goutte de lait. <br><br>

Silence dubitatif. </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/15/243-monsieur-leonard">
  <title>Monsieur Léonard</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/15/243-monsieur-leonard</link>
  <dc:date>2007-11-15T01:35:25+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence faisandé. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Vous mcroirez jamais, les mèques ! s’exclame soudain le gros Marcel. Staprèmidi, j’ai rencontré le ptit Louis, et imadit que...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence faisandé. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Vous mcroirez jamais, les mèques ! s’exclame soudain le gros Marcel. Staprèmidi, j’ai rencontré le ptit Louis, et imadit que monsieur Léonard, il était mort ! Iparaît kiss baladait sullé grands boulvards, ouskia tant de chôzes, tant de chôzes, tant de chôzes à voir, épi ya un pot de fleurs qu’est tombé d’un balcon. Il l’a pris sulla cafetière et ilé mort sur le coup. On est peu de chôzes, kan même ! Ça m’a tout retourné, stistoire ! <br><br>

Silence indifférent. Le patron examine sa caisse enregistreuse qui fait un drôle de bruit, bling, bling. Le chien Édredon s’étire en baillant et se rendort. Une mouche tourne en bourdonnant autour du luminaire. Dehors, il fait plutôt frisquet, mais la météo a annoncé un réchauffement pour le week-end. <br><br>

- Le ptit Louis, c’est pas un grand brun qui porte toujours une casquette ? s’interroge Dédé. <br><br>

- Mais non ! Mais non ! s’interloque Maurice. Tu confonds ac le grand Fernand ! Le ptit Louis, c’est un rouquin qui travaillait au marché dans les fruizélugumes. Ça fait longtemps kon l’a pavu ! (Geste qui indique que le temps passe, que les saisons succèdent aux saisons et que les minutes, mortel fôlatre, sont des gangues qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or). <br><br>

- Mépadutout ! Mépadutout ! proteste le gros Marcel. Le ptit Louis, c’est le garçon du Bar de la Gare ! Un ptit blondinet qui porte des lunettes, c’est le garçon du Bar de la Gare ! <br><br>

- Ça m’étonnerait ! affirme Leloufiat. Alors là, ça m’étonnerait, passke le serveur du Bar de la Gare, jeul connais bien, figurez-vous ! Cé un copain, et c’est pas le ptit Louis. Il s’appelle Jeannot ! Je l’connais bien, kan même ! Le ptit Louis, jcrois ksé le cuisinier de la Brasserie des Sports. <br><br>

Silence confus. Le patron croit avoir identifié la pièce rebelle qui fait un drôle de bruit dans sa caisse enregistreuse, bling, bling, et tente de la remettre en place avec la lame d’un couteau. Le chien Édredon dresse les zoneilles (mais qu’a-t-il entendu ?) et se rendort. <br><br> 

- Alors c’était ya longtemps ! dit Marinette qui s’arrête un moment d’essuyer ses verres et s’octroie quelques minutes pour rêver dans ce décor banal à pleurer ouskia toujours une chambre pour pouvoir s’aimer. C’était ya longtemps, passkeu maintenant, le cuisinier de la Brasserie des Sport, jeul connais bien, il s’appelle Jean-Marie ! C’est un type très bronzé, plutôt costaud, assez bel homme, il s’appelle pas Louis, i s’appelle Jean-Marie ! Le ptit Louis, j’men rappelle très bien. C’était un type au crâne rasé qui passait ici toulé soirs avant drentrer chez lui. Ibuvait toujours une suze-cassis ! Jmen rappelle très bien ! Itravaillait dans l’imporexpore ! <br><br>

- Mémaparolle ! s’exclame le patron qui a réussi à remettre en place la pièce rebelle qui faisait un drôle de bruit dans sa caisse enregistreuse, bling, bling, mémaparolle ! Vous zavez chopé la maladie d’ellezémère, les ptigâ ! Le ptit Louis, c’était le marchand de journaux au coin de la rue. On lvoit plus passkil s’est installé du côté de la porte de Montreuil. <br><br>

Silence concentré. Chacun essaye, les yeux mi-clos, de se rappeler à quoi pouvait bien ressembler le ptit Louis. <br><br>

- En tout cas, poursuit le gros Marcel, jlai rencontré staprèmidi et ima appris que monsieur Léonard, ilétait mort. Un pot de fleurs qu’il a reçu sur le crâne, ça l’a tué net. On est peu de chose, kan même ! <br><br>

Silence respectueux pendant lequel tous espèrent vaguement que le temps va suspendre son vol et que les heures propices vont suspendre leur cours afin de les laisser savourer les rapides délices des plus beaux de leurs jours. <br><br>

- Monsieur Léonard, c’était pas un grand brun qui portait toujours une vieille sacoche en cuir noir ? demande Dédé. <br><br>

- Mais non ! s’exclame Maurice en se tapant sur les cuisses, flop, flop, mais non ! Monsieur Léonard, c’était un ptit chauve qu’était toujours enrhumé et qui buvait kdu grog ! I travaillait dans les zassurances ! C’était un ptit chauve ! <br><br>

- N’importe quoi ! s’esclaffe Leloufiat. N’importe quoi ! Monsieur Léonard, c’était un représentant de chez Ricard, un type qui déconnait toultemps et qui racontait toujours des blagues vaseuses ! <br><br>

- Vous voyez, les mèques, dit philosophiquement le gros Marcel, on laisse pas grand-chose sulla terre, hein ! On est keudla poussière, cétou ! Toulmonde a oublié le ptit Louis et monsieur Léonard. Et lpire, cékeu tout le monde s’en fout. Un jour, quand cé kjaurai disparu, quelqu’un dira : Tiens ! J’ai rencontré Leloufiat, et imadit que le gros Marcel, ilétait mort ! Et on demandera : c’était qui, le gros Marcel ? Et personne s’en rappellera ! On est keudla poussière, cétou ! On n'est pas grand chôze, moi jvouldis !<br><br>

- Toi, diagnostique Maurice, toi, mon ptigâ, tu srais en train de nous faire une tite déprime que ça m’étonnerait pas plus que ça. Tu veux un xanax ac ta bière ? <br><br>

- Jveux bien ! se lamente le gros Marcel. Quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours ! Tiens, Leloufiat, tu me remettras une Kronenbourg, et jla boirai à la mémoire de monsieur Léonard ! <br><br>

Silence dubitatif. </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/14/242-bigue-brozeur">
  <title>Bigue brozeur</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/14/242-bigue-brozeur</link>
  <dc:date>2007-11-14T02:31:17+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence bruyant. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Ben mon pote, déplore le gros Marcel, izenfont un boucan, les zouvriers ! Tu fais des travaux dans ton bistrot, assteure ? On...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence bruyant. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Ben mon pote, déplore le gros Marcel, izenfont un boucan, les zouvriers ! Tu fais des travaux dans ton bistrot, assteure ? On s’entend même plus kôzer, assteure ! <br><br>

De fait, les deux types occupés à perforer les murs de la salle avec une perceuse au couinement plus strident qu’une roulette de dentiste (zzzimmm, zzzzzimmm) ne se font pas spécialement remarquer par leur discrétion. <br><br>

- Izinstallent des caméras ! répond fièrement le patron. C’est un système de vidéosurveillance ! C’est l’assurance kima conseillé, passkia des coins de la salle que je vois pas d’ici. Alors j’installe des caméras ! Par les temps kikourent, c’est plus prudent. (Geste qui cherche à indiquer que les temps qui courent sont particulièrement véloces et qu’il importe de courir au moins aussi vite qu’eux sous peine de se laisser distancer). <br><br>

Silence stupéfait. <br><br>

- Tu veux dire que tu vas nous filmer, assteure ? s’indigne Maurice. Quand onva écluser un godet, on sra surveillé ? Cessa ? Bonjour la confiance, les mèques ! C’est bigue brozeur, ma parole ! <br><br>

- C’est l’assurance kima conseillé, se défend le patron (qui oublie étourdiment de préciser que cet investissement valorise son fonds de commerce tout en lui permettant de bénéficier d’une sympathique déduction fiscale). Imondit de mettre trois caméras dans la salle, deux au bar, deux à la cave, et puis aussi dans le couloir des toilettes, partout ! Et comme ça, jpourrai tout surveiller sur l’écran qui sera au-dessus de la caisse ! Par les temps kikourent, c’est plus prudent, cétou ! Ac tous ces terroristes et ces dileurs, c’est plus prudent, cétou ! <br><br>

Silence incrédule, même pas troublé par ronflement de l’autobus 91 (Gare Montparnasse – Place de la Bastille) braoum, braoum, vu que c’est jour de grève et que le conducteur (militant CGT notoire, soit dit en passant) a cessé le travail, prenant ainsi en otage (selon l’expression consacrée), la France qui se lève tôt et qui ne fait pas de politique. <br><br>

- Mécédingue ! s’insurge Maurice. Mécédingue, les mèques ! Ça veut dire que kancé que je vais zaller aux goguenots, jvais zêtt filmé ? T’avais ka me demander, jtaurais apporté la photo dmon cul, ça t’aurait fait dézékonomies ! Mécédingue ! C’est bigue brozeur, ma parole ! <br><br>

- Non, dans les chiottes, j’ai paldroit ! explique le patron. Mais jeul regrette ! De toute léfassons, quand on a rien à se reprocher, on n’a pas peur d’être filmé, cétou ! T’imagines pas le nombre de clients zindélicats, Maurice, t’imagines pas ! Des gens kont l’air bien commifô et qui fauchent les cendriers ou quembarquent les salières, t’imagines pas ! <br><br>

- Ça, c’est vrai ! opine Leloufiat. Yen a même kifôchent les ptits pots à moutarde ! (Geste qui indique que certains voyous n’hésitent pas à s’approprier de façon malhonnête le nécessaire à bouffe de l’établissement). <br><br>

- Et pis yen a qui mmettent la main aux fesses ! dénonce Marinette qui s’arrête un moment d’essuyer les verres et s’octroie quelques minutes pour rêver dans ce décor banal à pleurer ouskia toujours une chambre pour pouvoir s’aimer. C’est un délit, dmettre la main aux fesses, comme ça, jpourrai porter plainte ac des preuves ! <br><br>

- Remarque, plaisante le gros Marcel, même ac des preuves, les flics icroiront jamais kia des mecs kitont mis la paluche au valseur ! Idiront ktu tilluzionnes ! Idiront ksé truqué et ksé un montage ! <br><br>

Rires gras masculins. <br><br>

- Mais kêk t’en as àfoutre, de tes cendriers ! s’étonne Dédé. Tu les payes même pas, cédé cendriers publicitaires. Mettre des caméras pour surveiller des cendriers, franchment, ilaraizon, Maurice, c’est bigue brozeur ! <br><br>

- Même si jles paye pas, c’est pas zune raizon pourkon mles vole ! répond (logiquement) le patron. <br><br>

- Rigolez pas, les mèques ! surenchérit Maurice. Rigolez pas ! C’est tragique. On est fliqué partout, assteure. On lsait même pas, mais kanton marche dans la rue, on est filmé, kanton rentre dans un magasin ou dans zune gare, on est filmé, on est suivi alatrace. Paraît kizont même inventé des cartables ac des puces zélectroniques pour les mouflets ! Issont pistés par gépéhesse, on peut savoir à cinquante centimètres près ouskiss trouvent exactement, les mômes ! Bientôt, on aura tous une puce greffée kêkpart dès la naissance et on sra suivi par satellite. <br><br>

Grognement irrité du chien Édredon qui s’estime déjà suffisamment emmerdé comme ça avec ses puces biologiques sans souhaiter qu’on lui en rajoute des zélectroniques. <br><br>

- Mézilaraizon, lpatron ! considère Dédé. Kêk j’en ai à faire, qu’on me suive à la trace ? Sikizont du temps à perdre, tant mieux pour eux ! Izen sront pour leurs frais, cétou ! Ya pas de mystère, jvais zau boulot, j’en reviens, jvais faire mes courses, jvais faire mon tiercé, jvais mballader sur les grands boulvards ouskia tant de chôzes, tant de chôzes, tant de chôzes à voir, j’ai rien à cacher ! <br><br>

- Mais t’es inconscient, Dédé ! dramatise Maurice avec des trémolos pas très molo dans la voix. Tutt rends pas compte ! Cétun marché énorme ! On saura skeu t’achètes, skeu tu manges, sik t’aimes plutôt le rôti de porc ou plutôt les côttlettes d’agneau, sik tu préfères le thon à l’huile, ou à la tomate, ou au naturel, on saura les programmes que tu rgardes à la télé, la musique que t’écoutes, la marque de ton slip, comment ktu baises, ton taux de colestérolle, ton adéhaine, et on établira ton profil pour te manipuler et te faire achter n’importe quoi et tfaire voter n’importe comment, cétou ! Déjà, dans les grandes surfaces, i paraît kya des gars qui sont payés pour suivre les clients. Par exemple, yen a un qui suit un couple de ptits vieux et kinote keski regardent, ouski s’arrêtent, kesski les zintéressent, kesski zachètent. Yen a un autre qui s’occupe des femmes seules ou des jeunes, ou des mères de famille. C’est bigue brozeur, mon pote ! Et un jour, on installera une caméra chez toi, et on saura tout skeu tudi, comment ktu parles, a ki ktu téléphones, c’est bigue brozeur, cétou ! <br><br>

Silence indécis. <br><br>

- Tu dramatizes, comme d’habitude ! se gausse le gros Marcel. (Geste qui voudrait indiquer qu’à son avis, Maurice en fait un peu trop et noircit quelque peu le tableau). <br><br>

- Non, jdramatize pas ! persiste Maurice. C’est bigue brozeur, cétou ! Et tu t’en rends même pas compte ! Et un jour, Marcel, on te greffera une puce dans le cerveau pour savoir skeu tu penses, et ce jourlà, Marcel, issra trotar ! <br><br>

- Issenfout, rigole Dédé. Ila pas de cerveau, ipense pas, Marcel ! <br><br>

- Quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours, se lamente l’écervelé. Tiens, Leloufiat, tu me remettras une Kronenbourg ! <br><br>

Silence dubitatif. </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/13/241-je-fais-pas-de-politique">
  <title>Je fais pas de politique</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/13/241-je-fais-pas-de-politique</link>
  <dc:date>2007-11-13T01:34:00+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence dégoulinant. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, jfais pas de politique, mais ces grèves de la...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence dégoulinant. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, jfais pas de politique, mais ces grèves de la esse haine céheffe, ça commence à me gonfler, moi jvouldis, les ptigâ ! Iprédizent une semaine noire ! Ça va encore être lagalère ! Jamais contents, kissont, les chminots ! Même à l’opéra, ivont faire la grève ! Cé rien kadé branleurs qui défendent leurs ptits privilèges, cétou ! (Geste qui voudrait indiquer que ces nantis ne sont que des égoïstes seulement préoccupés par leur pouvoir d’achat, le maintien de leurs primes pharaoniques et la sauvegarde de leurs retraites mirobolantes).<br><br> 

Silence apolitique. Grognement hostile du chien Édredon qui ne fait pas de politique, mais qui a entendu le mot grève et qui montre les dents, comme le patron lui a appris.<br><br>

- C’est toujours pareil ! se lamente le patron. C’est une minorité qui prend en otage la majorité des travailleurs zonnêtes, cétou ! C’est une poignée d’agitateurs qui dicte sa loi et qui faichier toulmonde ! Ça durera pas éternellement, les ptigâ ! Je fais pas de politique, maizun jour, les gens ivont srévolter et yaura du sang, moi jvouldis ! (Geste qui évoque plus ou moins adroitement de sanglants massacres). <br><br>

- Même les zétudiants kissi mettent, assteure ! continue Dédé étouffé par l’indignation. Jte leur en foutrai, des grèves, à ces trous du cul ! Kicékilé payent, leurs zétudes, leurs facultés et leurs profs ? Cénous kilé payent, cétou ! Des zétudiants comme ça, moi jfais pas de politique, mais j’appelle ça un tadfainians ! <br><br>

Silence prudent seulement troublé par le ronflement de l’autobus 91 (Gare Montparnasse – Place de la Bastille) qui passe (encore un peu) dans la rue et tressaute joyeusement sur le macadam, braoum, braoum. <br><br>

- C’est pas un Arménien, Tadfainian ? demande sottement Leloufiat. (Mais qu’il est bête, l’animal !) <br><br>

- Remarque, intervient Maurice, izont pas toutafé tort ! Ifont des zannées et des zannées d’études et izont pas dboulot ! Ya dkoi râler, kan même ! <br><br>

- Mais forcément ! poursuit Dédé, décidément très remonté. Forcément ! Mais forcément kizont pas dboulot ! Comment ki pourraient trouver du boulot ac les zétudes kifont ? Et vazi que je m’inscris en aspic au logis, et vazi que je m’inscris en sauce au logis, et vazi que je m’inscris en palais honte au logis ou en entrepot logis, et jmétonne de pas trouver de boulot ! Un poil dans la main, kizont ! Moi jfais pas de politique, mais jvouldis, les ptigâ ! Un tadfainian ka un poil dans la main, cétou ! (Geste qui évoque une pilosité particulière au creux de la paume). <br><br>

- Moi, confesse Marinette qui s’arrête un moment d’essuyer ses verres et s’octroie quelques minutes pour rêver dans ce décor banal à pleurer ouskia toujours une chambre pour pouvoir s’aimer, moi si j'avais pu faire des zétudes, j’aurais bien aimé faire de la sauce au logis ou de l’aspic au logis. Ou de la littérature, ou de l’histoire de l’art, ou de la philosophie. Ça doit être passionnant, toussa !<br><br>

Aboiement hésitant du chien Édredon qui a entendu le mot philosophie et qui ne sait pas trop quelle attitude adopter devant ce vocable inattendu et un peu suspect. Houa ! <br><br>  

- Ilapatort, Dédé ! approuve le patron. Moi jfais pas de politique, mais ilapatort. Yen a marre de toutes ces grèves ! Ça srait kmoi, jte les foutrais tous contre un mur et jtirerais danltas ! Tatatata ! (Geste qui évoque sans équivoque une rafale de fusil-mitrailleur et une hécatombe de grévistes fauchés tels communards devant le Mur des Fédérés). Parfaitement ! Je fais pas de politique, mais jtirerais danlta ! Tatatata ! C’est rékupéré, toussa ! C’est les gauchistes qui tirent les ficelles ! Cécouzu de fil blanc, toussa, moi jvouldis ! Ifaut faire des réformes, c’est normal, et toulmonde doit y participer, c’est normal ! Pourquoi kon garderait les privilèges de certains quand les zôtres izen ont pas ? C’est pas normal ! C’est pas ça, la justice sociale. Sarkozy, il avait dit kifrait des réformes, ilavait annoncé la couleur, non ? Et ben puiskil a été élu, ifait des réformes, cétou ! Les ceusses kissont pas contents, izavaient ka gagner les zélections ! C’est la démocratie, cétou ! C’est le verdict des zurnes, cétou ! Et pas dpitié pour les ceusses qui voudraient renverser la démocratie pour la remplacer par un régime totalitaire ! Tatatata ! <br><br>

- Céfacil, comme argument, s’insurge Maurice. Le verdict des zurnes, céfacil ! Arrêtez-moi si jme trompe, les mèques ! Imm semble bien qu’on avait voté contre la constitution européenne, ya quelques temps, non ? Chais pas si vous zavez vu comment kiva nous l’enfiler profond dans le dargeot, son minitraité, le Zébulon ? Céssa, le respect des zurnes ? Quand on demande le respect des zurnes, on commence par l’appliquer soi-même, cétou ! <br><br>

Silence respectueux des zurnes. <br><br>

- En tout cas, avoue l’innocente Marinette, moi j’aime bien les jours de grève ! Je viens à pied ! Huit kilomètres, c’est pas très long et c’est bon pour la santé, ça me change du métro et du èreu hair ouskon voit toujours les mêmes tronches de kêke. J’aime bien marcher le matin dans les rues. J’aime bien voir légens ! On a l’impression kizont pas la même tête, légens ! Iparlent, idiscutent, irâlent, issengueulent, issont vivants. Et puis jme dis ksé bien kia des gens qui font la grève, parce que si toulmonde accepte toujours tout sans rien dire, cépa sain. Et puis jvoudrais bien que mes zenfants, quand j’en aurai, ipuisssent faire de l’aspic au logis, de la sauce au logis ou de l’histoire de l’art siki z’en ont envie, passkeu ça doit être plus passionnant que lcommerce ou la banque, j’imagine ! <br><br>

Silence outré. Intense réflexion du chien Édredon qui, dans sa bonne grosse tête de chien, se demande si un soleil d’espoir se lèvera un jour sur ce monde en décomposition. <br><br>  

- Mais tutt rend compte de skeu tudis, Marinette ? s’étouffe Leloufiat. Moi, je fais pas de politique, mais tu peux pas parler comme ça, Marinette ! Les grèves, ça emmerde toulmonde, les grèves, ça bloque les zentreprises, ça affaiblit la croissance, toussa pour des petits zintérêts corporatistes, cétou ! Cépazac des grèves qu’on remontera l’économie, jteuldis ! (Regard attendri du patron qui ne fait pas de politique mais qui envisage de donner une petite gratification à son garçon pour l’encourager dans cette voie vertueuse). <br><br>

- Si jcomprends bien, gouaille Maurice, quand c’est plutôt à gauche, c’est dla politique, et quand c’est plutôt à droite, c’est pas de la politique ? Cessa ? Kesstan pense, Marcel ? <br><br>

- Oh moi, répond l’intéressé, moi jfais pas de politique, mais quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours ! Tiens, Leloufiat, tu me remettras une Kronenbourg. <br><br>

Silence dubitatif. </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/12/240-negociation-salariale">
  <title>Négociation salariale</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/12/240-negociation-salariale</link>
  <dc:date>2007-11-12T01:46:27+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence gras. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, Sarko, il a fait fort. Issfout du monde, l'ovni présent...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence gras. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, Sarko, il a fait fort. Issfout du monde, l'ovni présent ! C’est pas 140% d’augmentation kissé goinfré, Zébulon, c’est plus de 200% ! Pendant qu’on a le pouvoir d’achat qui tombe dans les chaussettes, il s’accorde 200% d’augmentation ! Faut êtt gonflé, kan même ! <br><br> 

- Fôpa croire qu’il a décidé ça tout seul ! assure Maurice. Il a négocié ! Il a discuté pendant longtemps ! Çassé pafé tousseul ! C'était pas gagné d'avance, son augmentation ! Il a installé une chaise en face de son bureau, puizil est sorti et il a frappé à la porte. Entrez ! qu’il s’est dit. Alors il est entré. Puis il a été s’asseoir dans son fauteuil et il a demandé ; Tiens ! Monsieur Sarkozy ! Que me vaut le plaisir de votre visite ? Asseyez-vous, je vous en prie ! Puis il s’est levé et il a été s’asseoir sur la chaise et ila dit : Ben Voilà, Msieur le président, c’est rapport à mon salaire qu’est pas très zélevé, je trouve ! <br><br>

- Tu racontes bien ! s’émerveille le gros Marcel. On dirait kti étais ! <br><br>

Aboiement furtif du chien Édredon qui trouve, lui aussi, que Dédé est un fin narrateur. <br><br>

- Alors, Sarko, il s’est levé de la chaise et il a été s’asseoir dans son fauteuil : Comment ? kiladit. Vous trouvez que vous gagnez pas assez ? Voyons, voyons, mon ptit Sarkozy, soyez raisonnable ! Vous y allez un peu fort ! Yapakleu pognon, dans la vie ! Pensez que tous vos frais sont payés, que vous mangez à l’œil, que vous êtes blanchi, logé, transporté et manucuré pour des klopinettes ! Ça compte, ça, les avantages en nature ! (Regard attendri du patron qui trouve lui aussi que les avantages en nature ne sont pas négligeables). Puizil s’est levé et il a été s’asseoir sur la chaise et iladit : Jsais bien ! jsais bien, msieur mon Président. N’empêche que par rapport auzôtres, je gagne pas beaucoup, quand même. Même Fillon, igagne plus que moi. Issfoutent tous de ma gueule et l’ange et la merguez, elle rigole quand elle me voit, elle m’appelle le gagne-petit. Faut mkomprendre, msieur le Président, on a sa fierté ! <br><br>

Silence compatissant. <br><br>

- Ilapator, quand même, s’apitoie Marinette qui s’arrête un moment d’essuyer ses verres et s’octroie quelques minutes pour rêver dans ce décor banal à pleurer ouskia toujours une chambre pour pouvoir s’aimer. Ilapator ! Yaduvré, dans skidi ! La fierté, ça compte pour un président. (Regard noir du patron qui admet que la fierté, ça compte, mais qui pense le boulot, ça compte encore plus). <br><br>

- Alors Sarko, il s’est levé de sa chaise, poursuit Maurice, et il a été s’asseoir dans son fauteuil. Jcomprends ! kiladit. Jcomprends ! Écoutez, mon ptit Sarkozy, je veux bien faire un effort, mais jsuis limité. Ac le pouvoir d’achat des Français kisskasse la gueule, vous comprendrez que j’ai pas beaucoup de marge de manœuvre. Allez, c’est d’accord, jvous donne dix pour cent, et n’en parlez à personne, ça ferait des jaloux. Puis Sarko, issé levé et il a été s’asseoir sur sa chaise et il a gueulé : Dix pour cent ? Vous vous foutez dma gueule ? kilagueulé. Jvous demande pas l’aumône, kila ajouté. Vos dix pour cent, vous savez ouske vous pouvez vous les mettre ? Puis très vite il a été s’asseoir dans son fauteuil et il a dit : Ah, je vous en prie ! Restez poli ! Puis très vite il a été s’asseoir sur sa chaise et il a dit : Poli mon cul ! <br><br>

- C’est un peu grossier, comme langage, note Leloufiat qui nourrit beaucoup d’illusions sur la respectabilité des institutions et doute qu’un personnage si haut placé puisse s’exprimer de façon aussi triviale. Aboiement furtif du chien Édredon qui partage (en partie) cet avis. <br><br>

- N’empêche, continue Maurice, c’est skiladit ! Il a dit : Poli mon cul ! Et il a rajouté : C’est pas dix pour cent, que je veux, c’est 300%, parfaitement ! Jveux trente mille euros, c’est ça ou rien ! Puis il a été s’asseoir dans son fauteuil et il a dit : Mais vous êtes fou ! Vous avez perdu la raison ! Ouske vous voulez que je les trouve, vos trente mille euros ? Faut arrêter la fumette, mon pote ! <br><br>

- Ça dérape un peu, comme dialogue, remarque le gros Marcel. Mais le président a raison : trente mille euros, c’est excessif, toudmême ! <br><br>

- Alors, enchaîne Maurice, il a été s’asseoir sur sa chaise et il a dit : Jm’en fous ! Voila skiladit. C’est vott problème ! Démerdez-vous ! Zavez ka augmenter les zimpots, cétou !  Kantonveut, onpeut ! Ça strouve, trente mille euros, kancékonveut s’en donner les moyens ! Puis il a été s’asseoir dans son fauteuil et il a dit : Jdiscute plus avec vous ! Vous zêtes dingue ! Vos prétentions sont exorbitantes ! Brisons-là ! Je ne vous reconduis pas, vous connaissez le chemin ! Et il lui a montré la porte. Et puis il a été s’asseoir sur sa chaise et iladit : Ménon ! Ménon ! Ah que non ! Pas de salizette ! Vous pensez m’intimider, mon ptibonhomme ? Vous vous zen tirerez pas comme ça ! Vous cherchez l’affrontement ? C’est d’accord ! Je me mets en grève, cétou ! <br><br>

- Il est teigneux, quand même ! Ilé opiniâtre ! Issait skiveut ! commente Marinette. <br><br>

- C’est une grande qualité ! moralise le patron qui souhaiterait que son personnel fût également opiniâtre au travail. <br><br>

- Alors, continue Maurice, il est rvenu s’asseoir dans son fauteuil et il a dit : Vous zêtes pas sérieux, mon ptit Sarko ? Vous n’allez pas vous mettre en grève ? Puis il a été sur sa chaise et il a dit : C’est skon vavoir ! Puis il est revenu dans son fauteuil et iladit : Vous zêtes manipulé par l’extrême-gauche, cétou ! Vous mtenez par les couilles ! Allez, jveux bien faire un effort, j’irai jusqu’à dix mille. Puis il est revenu sur sa chaise et il a dit : Vous voulez rire ? Vingt cinq mille, pas un centime de moins, puis il est revenu dans son fauteuil et il demandé : Quinze mille ? Puis il est revenu sur sa chaise et il a dit : Vingt mille ! C’est mon dernier prix ! Puis il est revenu dans son fauteuil et il a dit : D’accord ! Vingt mille ! Cochon qui sandédi ! Mais vous mmettez dans la merde, Sarko ! <br><br>

- C’est un vrai marchandage de marchand de tapis, s’émeut le gros Marcel qui, de toute son existence, n’a jamais marchandé un tapis mais qui emploie cette expression par habitude. <br><br>

- Alors conclut Maurice, il s’est serré la main, il a rédigé un papier, il a dit : Signez là, et il a sorti son beau stylo et il a signé. Puis il s’est encore serré la main et il est parti déjeuner en tête à tête avec lui-même. Belle négociation, kissédit pour lui-même. Et il s’est répondu : Oui, ça a pas été facile, mais on est tout de même parvenu à un accord. Comme quoi, des gens de bonne volonté arrivent toujours à s’entendre. <br><br>

- Ce qui est parfaitement vrai, approuve le patron qui aime bien les sentences vertueuses et les proverbes sirupeux. <br><br>

- Une qui doit faire la gueule, pressent Leloufiat, c’est Cécilia. Elle l’avait laissé tomber passkelle disait kssétait qu’un minable qui gagnait peau dballe, et maintenant il est bourré de thune. Adoit s’en modre lédois, dlavoir plaqué, la Cécilia, moi, jvouldis ! <br><br>

- Quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours ! se lamente le gros Marcel. Tiens, Leloufiat, tu me remettras une Kronenbourg. <br><br>

Silence dubitatif. </div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/11/239-le-populo-est-il-soluble-dans-le-sarkozysme">
  <title>Le populo est-il soluble dans le sarkozysme ?</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/11/239-le-populo-est-il-soluble-dans-le-sarkozysme</link>
  <dc:date>2007-11-11T00:44:53+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Les éloges</dc:subject>
  <description>Que de travail ! Que de travail ! Je ne sais plus où donner de la tête ! C’est la raison pour laquelle il n’y aura pas de numéral de l’Anthologie cette semaine. Ben oui, j’en suis désolé, mes gueux, mais je n’ai pas eu le temps de m’en occuper. C'est que ça prend du temps, ces...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <div align="justify">Que de travail ! Que de travail ! Je ne sais plus où donner de la tête ! C’est la raison pour laquelle il n’y aura pas de numéral de l’Anthologie cette semaine. Ben oui, j’en suis désolé, mes gueux, mais je n’ai pas eu le temps de m’en occuper. C'est que ça prend du temps, ces conneries, et le temps est une denrée rare, en ce moment !<br><br>

Allons, ne soyez pas déçus. Pour me faire pardonner, je vais vous faire un beau cadeau, un très beau cadeau qui vient du cœur. Jacques Prévert est mort voilà 30 ans et la commémoration de cette disparition n’a pas fait grand bruit dans la presse. Je vais donc lui rendre ici l’hommage qu’il mérite. J’avais acheté ce disque en 1973 et, à ma connaissance, il n’a jamais été repiqué en Cd. C’est fort dommage car il était superbe. Sur la première face, Serge Reggiani disait le poème : Tentative de description d’un dîner de têtes à l’Élysée. Le voici, je vous l’offre. Installez-vous confortablement pendant 18 minutes et écoutez-le attentivement. Ce sont 18 minutes de bonheur, d’émotion, 18 minutes de cette belle et rugueuse poésie qui s’insurge, qui s’émeut, qui s’émerveille et s’encolérise, qui rit pour ne pas pleurer, qui grince comme un vieil orgue de barbarie, de cette vraie poésie qui chante le populo et qui a disparu depuis que les Brassens, Prévert, Dimey, Mouloudji et autres Francis Lemarque nous ont quitté. À moins que ce ne soit le populo lui-même qui ait disparu, dissout dans le sarkozysme, le politiquement correct et la pensée unique ? Rassurez-moi, mes gueux ?</div><br>

<div align="center"><EMBED src="http://www.paul-et-mick.com/musique/tete.mp3" autostart="false" height="45" width="300"></div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/10/238-eloge-de-maxime-maxime">
  <title>Éloge de Maxime Maxime</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/10/238-eloge-de-maxime-maxime</link>
  <dc:date>2007-11-10T01:00:09+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Les éloges</dc:subject>
  <description>Maxime Maxime était un gentil garçon, gentil garçon. Un jour qu’il se promenait, se promenait, dans la forêt, il fut mordu, mordu par un perroquet bionique et mutant, mutant. Son corps se couvrit de plumes, de plumes, et sa bouche s’avança bientôt, bientôt, se déforma, se couvrit de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <div align="justify">Maxime Maxime était un gentil garçon, gentil garçon. Un jour qu’il se promenait, se promenait, dans la forêt, il fut mordu, mordu par un perroquet bionique et mutant, mutant. Son corps se couvrit de plumes, de plumes, et sa bouche s’avança bientôt, bientôt, se déforma, se couvrit de corne et forma un bec, un bec. Après cette curieuse métamorphose, on l’appela Parrotman, Parrotman, ce qui signifie chez nous, homme-perroquet, homme-perroquet.<br><br>

Parrotman ne connut jamais la gloire, la gloire, de ses aînés, Batman, Superman, Spiderman ou Elephant man, Elephant man. Il ne sauva personne, personne, d’immeubles en feu, n’arrêta jamais de train fou, fou, chargé d’explosifs et lancé à 200 à l’heure sans conducteur, sans conducteur, et sans frein, sans frein. Parrotman vécut sur son perchoir, perchoir, l’existence heureuse d’un psittacidé normal, se nourrissant de graines de tournesol, dont il était friand, friand. Il épousa Lara, Lara, et eut un fils. Un fils gentil, gentil, mais bègue.<br><br>

Il mourut. On respecta ses dernières volontés, dernières volontés : « Je veux qu’on m’enterre, qu'on m'enterre, sans commentaire ».</div><br>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/09/237-zebulon-l-ovni-present">
  <title>Zébulon, l'ovni présent</title>
  <link>http://www.paul-et-mick.com/index.php?2007/11/09/237-zebulon-l-ovni-present</link>
  <dc:date>2007-11-09T02:01:03+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Paul et Mick Victor</dc:creator>
  <dc:subject>Au bar du Commerce</dc:subject>
  <description>- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !

Silence morveux. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, Sarko, il est partout, ce mèque ! Il est ovni...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <img src="http://www.paul-et-mick.com/images/barcom3.jpg" width="222" height="159" align="right" hspace="13" vspace="5"><div align="justify">- Tiens, tu me mettras une Kronenbourg, Leloufiat !<br><br>

Silence morveux. Marinette essuie les verres au fond du café. Elle a trop à faire pour pouvoir rêver.<br><br>

- Quand même, cépapourdire, marmonne Dédé en repliant le journal, quand même, Sarko, il est partout, ce mèque ! Il est ovni présent, comme on dit. Quand c’est que la planète va mal, ziva ki t’organise un grenêle, quand c’est kia un binz au Tchad, ziva kili débarque, quand c’est que les pêcheurs râle, ziva ki sdéplace en Bretagne pour régler le problème. Quand c’est que tu te fais mordre par un pittbull, ziva ki te reçoit le lendemain allez, lisez ! <br><br>   

- Où ça ? demande Maurice qui n’a pas compris la fin de la phrase. Dressement d’oreille du chien Édredon qui a vaguement compris qu’on évoquait sa noble race et qui n’aime pas trop qu’on diffame sa famille (ma parole, il insulte ma mère !)<br><br>

- À l’Élysée, j’ai dit, corrige Dédé. Un jour, il est en Allemagne pour embrasser l’ange et la merguez, le lendemain il est en Amérique pour serrer la pince à bouche, il est ovni présent ! On dirait qu’il est monté surin ressort, Sarko ! Imm fait penser à Zébulon. (Geste qui voudrait évoquer une créature bondissante, mystérieuse et mal identifiée). <br><br>

Silence pensif pendant lequel chacun rumine et remâche la pensée dédéienne. Aboiement du chien Édredon qui vient de comprendre le jeu de mots Allez, lisez, mais qui se demande encore qui sont l’ange et la merguez (ce qui serait scandaleux pour un berger allemand, mais qu’on pardonne bien volontiers à un American pittbull terrier croisé avec un cocker). <br><br>

- C’est qui, Zébulon ? demande l’innocente Marinette qui s’arrête un moment d’essuyer ses verres et s’octroie quelques minutes pour rêver dans ce décor banal à pleurer ouskia toujours une chambre pour pouvoir s’aimer. (Regard noir du patron qui préfèrerait nettement que sa salariée essuyât les verres plutôt que de s’interroger sur des questions sans aucun intérêt pour la bonne marche de l’entreprise). <br><br>

Silence stupéfait. <br><br>

- Comment ? s’esclaffe le gros Marcel en se tapant sur les cuisses (flap, flap), tu connais pas Zébulon ? Tournicoti, tournicoton ! Je rêêêve ! Pincémoilémèques ! (Geste qui indique qu’il rêve les zieux grands zouverts). <br><br>

- C’est normal qu’elle connaît pas, intervient charitablement Maurice. On a oublié ske c’était, le manège en chantier ! Cépa dsa génération, Zébulon ! C’est vieux ! Les jeunes ipeuvent pas connaître ! C’est comme nounourse ou Thierry l’affront, c’est trop vieux, comme truc ! <br><br>

- En tout cas, persiste Dédé, il est ovni présent, ce mèque ! <br><br>

- Il est ovni présent, maizilépakon ! intervient Maurice. Attention, les ptigâ ! ilépakon ! C’est dla comm, cétou ! Cédupipo ! Iliva kantissait que ça va marcher, ilépakon ! C’est les zôtres kifont le boulot, et c’est lui qui tire les marrons du feu, cétou ! Kantissait que ça va pas marcher, il envoie ses ministres au casse-pipe, cétou ! Ilépakon ! Il envoie Fillon ! <br><br>

Silence incertain. Aboiement du chien Édredon qui vient de comprendre l’ange et la merguez, mais qui s’interroge encore sur la forme que peut bien avoir une pince à bouche et sur l’utilité de cet instrument mystérieux. <br><br>

- Qui c’est, Fillon ? demande l’innocente Marinette. <br><br>

- Comment ? s’esclaffe le gros Marcel en se tapant sur les cuisses (flap, flap), tu connais pas Fillon ? (Tournicoti, tournicoton). Je rêêêve ! Pincémoilémèques ! (Geste qui indique qu’il rêve les zieux grands zouverts). <br><br>

- C’est normal qu’elle connaît pas, intervient charitablement Maurice. On a oublié ske c’était, un Premier ministre. Cépa dsa génération ! C’est vieux ! Les jeunes ipeuvent pas connaître. C’est comme Messmer ou Pompidou, c’est trop vieux, comme truc ! <br><br>

- En tout cas, n’en démord pas Dédé, il est ovni présent ! Comme Zébulon, jvoudis ! Tiens ! Jsuis sûr que si on se met tous ensemble à gueuler qu’on est malheureux, pour peu qu’il nous entende, iva rappliquer dans les dix minutes pour nous demander skivapa ! On parie ? Allez, les mèques, à mon signal, un, deux, trois ! <br><br>

Chœur puissant des poivrots du Bar du Commerce qui beuglent en un touchant unisson : ON EST MALHEUREUX, MONSIEUR LE PRÉSIDENT ! <br><br> 

Aboiement du chien Édredon qui joint sa longue plainte modulée à cette déchirante confession. Hululement de Leloufiat qui voudrait une tite augmentation et imprécation sonore du patron qui proclame avec force qu’il n’en est pas question. Juron étouffé de Marinette qui vient de laisser tomber un verre qui s’est brisé avec fracas sur le dallage. Regard noir du patron. <br><br>

Silence pesant qui suit la tempête. <br><br>

- Il arrive ? demande Dédé avec anxiété. <br><br>

- Jvois personne ! répond le gros Marcel qui scrute la rue avec attention à travers la vitre crasseuse.<br><br>

- Ila peut-être pas entendu ! tente d’expliquer Leloufiat. Siki l’avait entendu, iviendrait, c’est sûr ! I doit être en route ! <br><br>

- Tu parles ! coupe Maurice. Il n’est pire sourd qui neveu zentendre ! Ilé pas à l’écoute des français, cétou ! Iviendra pas, cétou, ilépakon ! Ifait pas son boulot, cétou ! Quand je pense qu’il s’est augmenté de 140%, ça me fout les boules, les ptigâ, moi jvouldis ! <br><br>

- Vos gueules ! interrompt le gros Marcel. Jvois quelqu’un qui approche ! Mais c’est pas Sarko, c’est une femme, on dirait que c’est Ramaillade ! <br><br>

- C’est qui, Ramaillade ? demande l’innocente Marinette. <br><br>

- Je lsavais ! triomphe Maurice. Je lsavais ! Isdégonfle et il nous envoie ses ministres. Ifé même pas son boulot ! C’est rien que la comm et cédupipo, cé rien que dla poudrôzieux, cétou ! On nous prend pour des khons, les mèques, moi jvouldis ! <br><br>

- Au fait, on doit dire Madame le Ministre ou Madame la Ministre ? s’interroge le patron qui s’apprête à faire les zonneurs de son modeste établissement à une haute personnalité. <br><br>

- Quelle vie de chiottes qu’on vit de nos jours ! se lamente le gros Marcel. Tiens, Leloufiat, tu me remettras une Kronenbourg. <br><br>

Silence dubitatif.</div><br>]]></content:encoded>
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